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Qu'est-ce qu'une femme? Une énigme au cœur de la psychanalyse

  • Photo du rédacteur: BRISSAUD Emilie
    BRISSAUD Emilie
  • 27 avr.
  • 2 min de lecture

La question « qu’est-ce qu’une femme ? » traverse toute l’histoire de la psychanalyse sans jamais trouver de réponse définitive. Et pour cause : elle ne peut pas se résoudre par la biologie, ni par une simple opposition avec l’homme.


En psychanalyse, être une femme ne relève ni de l’anatomie ni d’un rôle social prédéfini. Cela ne se réduit ni à être mère, ni à être épouse, ni à incarner une figure particulière de la féminité.

Ces représentations – mère, sainte, sorcière ou encore prostituée – témoignent davantage des constructions culturelles que d’une vérité du féminin.


La psychanalyse introduit une rupture fondamentale : la sexualité humaine ne se limite pas à la reproduction. Elle est marquée par le langage, par l’inconscient, et surtout par une forme de non-coïncidence. Il n’existe pas de complémentarité naturelle et harmonieuse entre les sexes.

La rencontre entre un homme et une femme n’est jamais entièrement écrite d’avance, elle comporte toujours une part de ratage, de malentendu.


C’est dans ce contexte que Freud met en évidence le primat du phallique dans l’inconscient : le féminin y apparaît d’abord comme une énigme, souvent pensée en termes de manque ou d’absence. Pourtant, cette conception reste pour lui un point de butée, une question irrésolue.


Lacan reprend cette difficulté et opère un déplacement majeur : être homme ou femme ne dépend pas du corps, mais d’une position dans le langage et dans la jouissance. Il introduit l’idée que la féminité ne peut pas être entièrement saisie dans la logique phallique.

Lorsqu’il affirme que « la femme n’est pas toute », cela ne signifie pas un manque, mais au contraire une ouverture : une part du féminin échappe aux cadres habituels, excède les normes, déborde les catégories.


Ainsi, le féminin ne se confond pas avec la féminité. La féminité renvoie aux identifications, aux rôles, aux images sociales.

Le féminin, lui, désigne une dimension plus intime, plus singulière, souvent difficile à dire, qui concerne le rapport de chacun , femme ou homme , à son désir et à sa jouissance.

Aujourd’hui encore, cette question reste vive. Les transformations sociales, les avancées des mouvements féministes, les mutations des rapports entre les sexes ne la résolvent pas : elles la relancent autrement.


Être une femme en 2026 ne va pas de soi. Cela implique de se confronter à des attentes, des contradictions, parfois à des formes de souffrance spécifiques.

C’est souvent à partir de ces points de tension que certaines femmes viennent en analyse — non pas pour répondre une fois pour toutes à la question « qu’est-ce qu’être une femme ? », mais pour élaborer leur propre réponse, singulière, au-delà des modèles imposés.

La psychanalyse n’apporte pas une définition. Elle ouvre un espace où cette énigme peut être interrogée, déplacée, et peut-être habitée autrement.



Psychologue Clinicienne et psychothérapeute, je reçois en consultation en libéral au cabinet à Paris 16, à Boulogne-Billancourt ou en téléconsultation.


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© Emilie Brissaud | 2024

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