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Charge mentale et épuisement psychique chez les femmes : entre exigences sociales et conflit interne

  • Photo du rédacteur: BRISSAUD Emilie
    BRISSAUD Emilie
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

La question de la charge mentale est aujourd’hui largement évoquée dans le discours social. Elle désigne souvent l’accumulation des tâches professionnelles, familiales et domestiques, qui repose encore majoritairement sur les femmes. Mais au-delà de cette description visible, il existe une dimension plus subjective et psychique de cet épuisement.

Dans la clinique, il apparaît fréquemment que les femmes reçues en consultation sont prises dans une multiplicité d’exigences : investir leur vie professionnelle, assurer une présence maternelle soutenue, maintenir une organisation familiale, tout en répondant à des idéaux implicites de disponibilité, de réussite et de “bonne tenue” de soi.

Cette articulation entre sphères professionnelle et familiale ne produit pas seulement une surcharge de tâches, mais peut conduire à une tension interne permanente. Il ne s’agit pas uniquement de “tout faire”, mais de devoir être simultanément plusieurs figures idéales : la professionnelle efficace, la mère disponible, la compagne attentive, et parfois aussi la femme autonome et performante.

Dans une perspective psychanalytique, cette situation peut être comprise comme un conflit entre des exigences idéales internes très élevées et les limites réelles du sujet. Le perfectionnisme, souvent valorisé socialement, peut devenir une contrainte interne épuisante, empêchant le repos psychique et l’acceptation de la limite.

L’isolement ressenti par de nombreuses femmes dans cette organisation du quotidien est également un élément central. Même entourée, la charge mentale peut être vécue comme une expérience profondément solitaire, dans laquelle il devient difficile de partager ou de symboliser ce qui se joue.

Des autrices et penseuses comme Élisabeth Badinter ou certaines lectures contemporaines en psychanalyse ont montré combien ces injonctions contradictoires pouvaient produire des formes d’épuisement spécifiques, liées non seulement aux tâches elles-mêmes, mais à ce qu’elles engagent dans l’identité et le rapport à soi.

Le travail thérapeutique permet alors de mettre en mots ces tensions internes, de

desserrer certaines exigences idéales, et de redonner une place à ce qui, dans cette organisation, relève du désir du sujet et non uniquement des attentes externes.




Ces réflexions s’inscrivent dans ma pratique de psychologue clinicienne. Je reçois en consultation à Paris 16 et à Boulogne-Billancourt et en téléconsultation.

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© Emilie Brissaud | 2024

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