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Burn-out : comprendre l'épuisement professionnel au-delà des idées reçues

  • Photo du rédacteur: BRISSAUD Emilie
    BRISSAUD Emilie
  • il y a 20 heures
  • 2 min de lecture

Le burn-out est aujourd’hui un terme largement utilisé, parfois de manière excessive ou simplifiée. Il est fréquent d’entendre qu’il s’agirait d’une “fatigue passagère” ou d’un simple manque de résistance. Or, dans la clinique, la réalité est tout autre.

Le burn-out concerne souvent des personnes très investies dans leur travail, consciencieuses, engagées, parfois perfectionnistes, qui ont longtemps tenté de répondre à des exigences professionnelles élevées. Il ne s’agit donc pas d’un manque d’implication, mais au contraire d’un excès d’implication sans possibilité suffisante de récupération psychique.

Sur le plan clinique, le burn-out est généralement décrit à travers trois dimensions principales :

un épuisement émotionnel et physique profond,

une forme de détachement ou de cynisme vis-à-vis du travail,

une diminution du sentiment d’efficacité ou de compétence.

À ces éléments s’ajoute souvent une perte de sens progressive, ainsi qu’un rapport au travail devenu contraint, voire douloureux. Le sujet ne parvient plus à investir son activité comme auparavant, malgré les efforts fournis.

Dans une perspective psychodynamique et psychanalytique, le burn-out ne peut pas être réduit à une simple surcharge de travail. Il interroge également l’organisation du travail elle-même, les modalités de reconnaissance, ainsi que l’isolement croissant des individus face à des exigences de performance toujours plus élevées. La dimension collective de la souffrance au travail est ici centrale.

Les travaux du psychiatre et psychanalyste Christophe Dejours ont largement mis en évidence cette dimension, en montrant comment la souffrance psychique peut émerger lorsque le travail empêche la subjectivation, c’est-à-dire la possibilité de donner du sens à ce que l’on fait et de se sentir reconnu dans son activité.

Le burn-out apparaît ainsi comme le point de rupture entre un investissement subjectif intense et un environnement de travail qui ne permet plus de le contenir ni de le soutenir.

Le travail thérapeutique permet alors de remettre en récit cette expérience d’épuisement, de comprendre ce qui s’est joué dans la relation au travail, à l’exigence et à la reconnaissance, afin de retrouver progressivement un espace psychique moins saturé.



Ces réflexions s’inscrivent dans ma pratique de psychologue clinicienne. Je reçois en consultation à Paris 16 et à Boulogne-Billancourt et en téléconsultation.

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© Emilie Brissaud | 2024

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